Les premiers signes de l’été se font sentir, d’une part, par la hausse des températures et, d’autre part, par les événements typiques du mois de juin, comme toutes les revendications et activités autour de la Gay Pride à Séville. En 2026, l’affiche est signée par le designer sévillan Rubén Terriza, qui a imaginé une œuvre d’art qui cache une multitude de détails en lien avec l’identité sévillane. Des clins d’œil locaux, des symboles et des hommages aux icônes de la culture andalouse.
Le thème central est une étreinte collective inspirée des mouvements de la danse, une métaphore de la Pride comme refuge et foyer. Mais si tu regardes de plus près, chaque personnage et chaque détail cachent une histoire fascinante sur la culture queer et l’identité de notre ville.
Les 6 clins d’œil sévillans que cache l’affiche

Si tu te promènes ces jours-ci dans les rues de Séville et que tu tombes sur l’affiche, regarde bien ces détails :
- L’hommage à Ocaña et à l’Esmeralda. L’un des personnages est vêtu d’un costume de soleil, en référence évidente à l’imaginaire libre d’Ocaña, l’artiste de Cantillana. De même, en bas à gauche, un autre porte une boucle d’oreille en émeraude qui rend hommage à la mythique Esmeralda de Séville.
- Une autre icône de l’imaginaire collectif sévillan est la figure de Curro, si souvent utilisée comme accroche nostalgique et marketing ― également sur l’affiche de la Gay Pride 2025 ―. Dans ce cas-ci, cependant, elle apparaît de manière voilée, dans la boucle d’oreille en forme d’aile de Curro que porte la drag queen habillée de rouge.
- De même, les motifs ornementaux du pantalon de l’un des protagonistes fusionnent l’art de la céramique de Triana avec la broderie des manteaux des vierges, un secteur où la communauté LGTBIQ+ a mis tout son cœur depuis des générations.
- La composition évoque la fontaine de cette emblématique Plaza de San Marcos et sert de métaphore à la collectivité. « Nous sommes tous des gouttes d’eau qui, ensemble, faisons partie d’une même source, qui est la collectivité elle-même. »
- La littérature et les fleurs de notre terre sont aussi présentes dans cette création. Il y a deux références clés : le personnage tient un jasmin (référence directe au poème « El mariquita se peina » de Federico García Lorca) et la typographie de l’affiche, surmontée d’un œillet.
- Le drapeau trans se pare d’un châle. L’un des personnages de la scène intègre le drapeau trans à sa silhouette d’une manière très typique de chez nous : en le portant avec la prestance d’un châle de Manille.
Un hommage aux quartiers et à ceux qui ont ouvert la voie
L’arrière-plan de l’œuvre est un parcours visuel à travers l’architecture et les rues des quartiers de Séville, plaçant cette célébration au cœur de la vie quotidienne.
De plus, le ciel est parsemé d’étoiles qui rendent hommage à la mémoire de toutes ces personnes qui se sont battues dans des contextes complexes et qui ont ouvert la voie pour qu’aujourd’hui, Séville puisse célébrer la diversité en toute liberté.
Les visages qui composent cette étreinte sont, en outre, l’entourage réel de l’auteur : des acteurs, des peintres, des sculpteurs, des designers et des danseurs qui inspirent le quotidien d’une Séville qui, en 2026, brille à nouveau de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.